Locataire : entretenir son jardin, les obligations et les solutions

Un bail qui évoque le jardin d’un trait ou qui détaille chaque geste d’entretien : dans les deux cas, le locataire se retrouve souvent face à la même réalité, celle d’un espace vert à garder en état. Les textes ne s’attardent pas toujours sur les nuances et laissent parfois les parties se débrouiller avec les zones grises. Les désaccords, eux, ne tardent pas quand le vert du gazon vire au jaune et que la restitution du dépôt de garantie devient un bras de fer.

La frontière entre une simple tonte et un chantier de remise en état n’est pas toujours tracée. Si la loi pose quelques repères, c’est souvent la jurisprudence qui vient préciser la partition entre locataire et propriétaire. La facture finale, et parfois la remise à neuf, se jouent sur la clarté du bail et la rigueur du suivi, dès la remise des clés.

Ce que dit la loi sur l’entretien du jardin en location

Le cadre légal définit ce qui relève de l’entretien du jardin pour le locataire. Le décret du 26 août 1987 pose la liste des réparations locatives, et les tâches d’entretien extérieur y figurent sans ambiguïté. Si le bail accorde un usage exclusif du jardin, le locataire se doit de le maintenir propre et soigné.

Les textes sont limpides : tondre la pelouse, désherber, tailler les haies, ramasser les déchets verts, tout cela incombe au locataire. La propreté des abords et l’entretien des massifs font partie du lot. Ces obligations sont souvent rappelées dans le bail, et contrôlées lors de l’état des lieux, à l’entrée comme à la sortie.

Voici, de façon concrète, les tâches qui reviennent au locataire :

  • Tonte et entretien des pelouses
  • Taille des haies, arbustes, rosiers
  • Désherbage et entretien des allées
  • Ramassage des feuilles mortes

Le propriétaire, lui, garde la main sur les interventions plus lourdes : renouveler une clôture, réparer un portail, refaire une allée endommagée. L’entretien suivi du jardin participe au bon état du logement et à la préservation de sa valeur. Toute négligence peut être pointée lors de l’état des lieux de sortie et, si le désaccord s’installe, entraîner une retenue sur le dépôt de garantie, voire un contentieux.

Locataire ou propriétaire : qui fait quoi concrètement ?

Il existe une répartition claire des rôles entre locataire et propriétaire pour l’entretien du jardin, à condition que le bail précise bien les contours de l’usage exclusif.

Le locataire s’occupe des tâches régulières : tondre la pelouse, désherber, tailler les haies, nettoyer les allées. Arrosage, soins aux plantations, ramassage des feuilles, entretien des petits équipements… tout cela fait partie de son quotidien. Les outils de jardinage basiques, comme le tuyau ou la tondeuse, sont à sa charge.

En revanche, le propriétaire intervient dès que la maintenance sort du cadre courant : réparer une clôture, remplacer un portail, élaguer lourdement ou abattre un arbre malade. Les gros travaux, ceux qui modifient la structure ou nécessitent l’intervention de professionnels, lui incombent.

Entretien courant Réparations et gros travaux
Locataire Propriétaire
Tonte, taille, désherbage, arrosage Clôture, portail, élagage lourd, abattage

En zone de copropriété, il arrive que le contrat prévoie un entretien collectif des espaces verts, financé par les charges. Les détails se trouvent toujours dans le bail : c’est lui qui fixe la limite entre ce que chacun doit faire pour le jardin.

Clauses du bail, litiges et recours en cas de désaccord

Avant de s’engager, il faut scruter les clauses du bail. Dans la majorité des cas, la liste des tâches d’entretien attribuées au locataire est détaillée : taille, tonte, nettoyage, rien n’est laissé au hasard. Si la rédaction du bail reste vague, des tensions peuvent surgir, surtout lors de l’état des lieux de sortie.

Quand le texte manque de clarté ou que le dialogue se tend, les positions se raidissent : le propriétaire estime parfois que l’entretien n’a pas été fait, le locataire s’en tient à la lettre du contrat. Ce genre de situation aboutit fréquemment à une retenue sur le dépôt de garantie, en cas de défaut d’entretien du jardin.

Pour minimiser les risques, plusieurs réflexes s’imposent :

  • Photographier l’état du jardin lors de l’entrée et de la sortie du logement.
  • Noter chaque intervention d’entretien, surtout pour les opérations plus lourdes.
  • Échanger en amont avec le bailleur pour clarifier les attentes et éviter les malentendus.

Si le différend persiste, la commission départementale de conciliation peut être saisie, gratuitement. Cette instance vise à rétablir le dialogue avant tout recours judiciaire. Si la médiation ne suffit pas, il faut alors s’adresser au tribunal d’instance, qui tranchera la question des responsabilités et du montant des réparations. Les juges se fondent sur l’état des lieux et les preuves réunies par chaque partie.

Jeune femme inspectant un jardin avec un carnet et un stylo

Incidences financières et solutions pratiques pour bien entretenir son jardin

Le budget entre vite en jeu pour le locataire qui bénéficie d’un extérieur. Entretenir un jardin, même modeste, suppose des dépenses récurrentes : l’achat d’outils, de terreau, de produits de traitement, et parfois le renouvellement de petit matériel. Ces frais sont inévitables si l’on veut présenter un espace extérieur propre lors de l’état des lieux de sortie.

Les charges récupérables ne couvrent pas ces fournitures. La loi précise ce que le propriétaire peut demander : ce qui relève de l’entretien courant reste à la charge du locataire. Pour les jardins plus vastes, ou en présence d’arbres imposants, certains choisissent de signer un contrat d’entretien avec une entreprise spécialisée. Ce service a un coût, qui peut être partagé, mais uniquement si le bail le prévoit noir sur blanc.

Pour alléger la note, des solutions existent : utiliser des outils partagés, louer ponctuellement une tondeuse ou un taille-haie, organiser des sessions d’entretien collectives. Mais attention au relâchement : une haie laissée à l’abandon, une pelouse envahie, et le dépôt de garantie peut fondre à la restitution des clés.

L’assurance habitation ne prend pas en charge les dégâts causés par un manque d’entretien régulier. Elle intervient, en revanche, si un incident imprévu survient : tempête, chute d’arbre, sinistre exceptionnel. D’où l’intérêt de relire en détail les garanties pour savoir où s’arrête la couverture.

Au bout du compte, entre jardin bien tenu et espace laissé à l’abandon, la différence saute aux yeux, et la balance du dépôt de garantie aussi. Qui prend soin de son jardin préserve à la fois le bien loué et sa tranquillité jusqu’à la dernière visite des lieux.

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